La-lumière

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Nous débutons.

Pour venir vous incarner sur terre, vous passez par une étape de définition de votre objectif en cette nouvelle existence. Cet objectif est voulu, désiré, et vous plongez en une nouvelle vie habités de cet élan.

Ensuite vous oubliez en surface, mais cet élan sous-tend votre énergie vitale, et vous vous déterminez en permanence par rapport à lui.

Il y a la possibilité de connaître intellectuellement ce but et de vous placer par rapport à lui, comme vous le faites en vous donnant des objectifs conscients, généralement matériels, mais il est aussi parfaitement possible de l’ignorer toute votre vie, car en profondeur vous ne pouvez l’ignorer, c’est comme le courant inextinguible d’un fleuve.

Donc la course à demander et recevoir consciemment ce but n’est pas nécessaire, elle reflète un manque de confiance en vos élans naturels.

Vous écouter est le plus important, vous faire confiance et vous écouter, vous demander ce que vous avez envie de faire dans le présent, et non bâtir des trajectoires, des plans de vie, et tenter ensuite de vous y conformer, et d’évaluer votre avancée par rapport à ce plan, votre degré de réalisation de la tâche.

Bien sûr, focalisés comme vous l’êtes sur une vie, et sur une phase de cette vie, cela vous paraît important de performer, mais nous voyons les choses de plus haut, et il apparaît un progrès général qui se fait à son rythme et dans sa globalité, et cela est simultané : quoi que vous fassiez sur un segment de temps, quelle que vitesse que vous atteigniez, cela est illusoire, il n’y a pas de vitesse de progression vers la cible.

Donc, détendez vous, ne cherchez plus à bien faire ni ne craignez de mal faire, cela est une empreinte culturelle.

Au contraire, abandonnez vous à votre propre courant intérieur et soyez en vacances à vie, détendu sur votre canot pneumatique voguant au fil de l’eau.

Cela peut vous sembler contradictoire avec un appel à vous responsabiliser, à ne plus vous laisser aller aux tendances délétères de vos conditionnements, mais il n’en est rien : ce que nous nommons de vous laisser aller au fil de l’eau est de tendre suffisamment l’oreille en vous pour vous percevoir et vous ancrer en ce fleuve profond en vous, et non en des ruissellements de surface.

Puisez en cette image de l’eau coulant en votre profondeur et ruisselant en surface pour vous abandonner avec justesse à vous-même.

Nous vous souhaitons de bonnes et fructueuses vacances.

Vos amis illettrés.