La-lumière

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Nous allons commencer.

 

Nous vous parlons de l’alitement.

Cela signifie se coucher et garder le lit.

Le lit est un environnement sécurisant, un asile ou se déclarer en situation de disparaître dans le sommeil, de quitter momentanément la réalité de cette vie terrestre

S’aliter plus que le corps ne le nécessite signifie que l’on a besoin de pauses, de fréquentes échappatoires

Si vous êtes malade et alité, ou fatigué et alité, vous vous allongez et quittez la verticalité de votre existence, vous cesser de devoir vous dresser contre la gravité terrestre, ce qui est un effort dont vous ne percevez plus l’importance car il est quotidien, mais souvenez vous du temps qu’il vous a fallu, nouveau né, pour vous redresser face à la gravité.

Cet élan vital de l’enfant nouveau né qui se redresse, vous le quittez lorsque vous êtes dans l’énergie de vous aliter, vous quittez la verticalité pour l’horizontalité.

Prenez simplement conscience de l’énergie dans laquelle vous vous placez lorsque vous vous alitez, lorsque vous désirez prolonger votre séjour au lit, les heures de sommeil, ce que signifie en vous cet élan.

Vous pourriez tout aussi bien dormir assis, dans un état de sommeil méditatif plus présent : la qualité d’un sommeil assis ou allongé est distincte.

Allongé vous vous abandonnez à disparaître dans le sommeil, assis vous restez en contact avec votre propre existence, vous n’abdiquez pas votre verticalité.

Nous ne faisons pas ici le procès de quelque forme de sommeil que ce soit, et il n’est pas question pour nous de culpabiliser votre repos, nous vous demandons de ne pas prendre nos paroles dans ce sens, nous vous proposons simplement une alternative, nous vous éclairons sur la possibilité qu’il y a de rester dans cette vie dressé en permanence, en état de veille comme de sommeil, et sur l’implication qu’il y a dans votre rapport à la vie, à votre vie, votre rapport à la fatigue, à la flemme, à la nécessité de vous absenter pour « respirer », c’est à dire faire une pause de cette épuisante nécessité de vous dresser. Mais vous dresser n’est en rien épuisant, ce qui vous épuise est la manière dont vous regardez la vie, votre vie, le point de vue que vous entretenez sur votre existence humaine, la solitude et la séparation, les enjeux multiples dans lesquels vous vous placez.

Une fleur se dresse nuit et jour, et sa ligne varie selon la lumière, mais elle reste dressée, ne se couche pas, et de nombreux animaux sauvages peuvent ainsi faire varier la qualité de leur attention, de leur état de conscience, de la veille au sommeil, sans quitter leur verticalité.

Soyez simplement éclairé sur cette possibilité, et dans un premier temps, sentez lorsque vous vous couchez, lorsque vous vous allongez, ce que cela engage intérieurement comme soulagement, comme pause, comme absenciation, et envisagez la possibilité de ne plus vous absenter, et ce que cela fait naître en vous comme émotion et sensation, et les pensées que ces émotions et sensations révèlent, le rapport à la vie que cela traduit.

Vous pouvez parfaitement répondre à votre besoin de sommeil sans vous absenter, seul votre corps a besoin de dormir, votre conscience éternelle n’a nulle nécessité de se quitter elle même, au reste elle ne le peut pas, c’est juste une illusion que vous réalisez pour vous rassurer.

Nous vous remercions.