La-lumière

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A propos d’une question sur la fatigue.

(…) La jeunesse voyez-vous est une forme transitoire de la vieillesse, ce sont des synonymes, jeune n’est pas plus jeune que vieux n’est vieux, en réalité vous êtes et ce sentiment que vous pouvez avoir de fraîcheur ou de grippage, tout ceci résulte simplement de votre état intérieur et de la manière dont il prend forme. Sentez vous jeune, sentez vous vieux, sentez vous frais, sentez vous lourd ou léger, cela ne signifie rien, cela est un état de surface, cela n’affecte en rien la profondeur de votre être qui simultanément joue à avoir tous les âges et tous les états.

(…) cela affecte le corps, celui ci se trouble et se régénère, change de poids, cela est nécessaire et normal, un papillon dans sa mue vers lui-même est encore une chose lourde et gluante qu’il est déjà papillon, et quand il est papillon, il est encore tout autant larve, cela ne se voit pas de là où vous vous tenez, mais percevez cette vérité qui annule chaque âge en un autre, qui étale chaque fatigue en santé et chaque santé en faiblesse. Tout est nécessaire, et chaque moment est nécessaire au tout, et doit être aimé.

Ainsi donc si à un moment vous vous voyez fatigué, ne vous voyez pas fatigué, connaissez votre globalité et comme chacun de vos états répond aux autres et les permet, votre façonnage d’être terrestre passager est une globalité.

Donc aimez chacun de vos états et de vos visages en ne les considérant plus séparés, c’est comme isoler un instant de la trajectoire d’un avion et de vous demander comment il en est arrivé là, ce n’est possible qu’au regard de l’ensemble du voyage et ce voyage, ami, est une si petite partie de l’histoire que trace votre âme en elle-même, et que trace la vie en toutes les âmes, qu’il n’y a pas de quoi s’apitoyer.

Acceptation, amour de soi, voila la seule force et la seule vraie jeunesse, celle qui ne s’affecte jamais d’auto apitoiement. (…)

 

 

A propos d’être plus « tranchant ».

Le tranchant que vous pouvez appliquer aux autres en étant moins gentil, c’est à dire moins de circonvolutions, cela si vous l’appliquez à vous-même vous simplifie beaucoup les choses. Vous cessez de vous prendre en compte comme une être fragile et compliqué dont il faut prendre soin petit à petit pour qu’il grandisse, et vous vous positionnez sans fragilité, et ce qui était n’est plus puisqu’il en est ainsi et c’est tout.

Votre énergie souffre encore trop de dispersion, c’est cette dispersion que vous entretenez pour vous-même, et que vous vivez avec les autres. Que ce soit pour vous ou pour les autres elle ne rend pas service.

(…) Cette énergie avec laquelle nous vous parlons vous semble sans doute brutale mais il n’en est rien.

Inspirez vous de cela, si vous pouvez voir qu’il n’y a pas une victime qui se fait parler mal, mais un être qui s’éveille à lui-même en exprimant le simple bruissement de l’eau vive – la rivière coule et le tintement quelle signifie ne prends pas de demi-mesure, cela coule exactement comme cela coule en fonction de la pente et des obstacles, cela coule.

(…) Concrètement cela veut dire (…) que vous vous positionnez et parlez comme vous le ressentez sans peur aucune des conséquences, c’est à dire sans évaluer ce que l’on pensera de vous, car vous cessez de vous sentir responsable d’un petit homme à protéger et dont la situation critique nécessiterait d’être améliorée.

(…) Si vous estimez que ce message est une claque, vous estimerez vous donner des claques et en donner aux autres, mais ce message, relisez le jusqu’à le trouver doux, car il est ce flot de la rivière qui coule, sa douceur est là, elle est dans son chant, son rythme, ce qu’elle dit en profondeur du monde, mais vous devez cesser de la regarder en frissonnant car vous vous dite « cela est froid », « cela est mouillé », « cela va trop vite », « cela se fracasse sur les rochers ».

La rivière chante, entendez ce chant souverain.

 

 

A propos d’interrogations sur l’avenir.

(…) ne te soucie de rien, ne fais pas de projet, ne te demande pas où tu iras et ce que tu feras, tu dois juste te concentrer sur ta sensation d’être, sur ta jouissance dans le présent, offre-toi à l’inconnu et ne cherche pas à savoir l’avenir car de toutes manières tu ne le peux pas, il t’emmènera toujours par des voies non anticipées.

(…) Ne regarde pas ta vie comme un système fermé dont les variables sont connues. (…) des évènements modifient radicalement le cours de ton existence, tout en étant toujours en continuité, donc ne te fie pas à une analyse statique pour te demander comment faire, tu ne peux pas.

Les questions financières ou de propriété, ou d’évolution de ta situation matérielle, professionnelle, personnelle, tu ne peux rien faire ni rien savoir, n’attends rien et sache que tout est possible à chaque instant.

 

 

A propos de bien faire.

Pour commencer nous voudrions te dire de regarder en quoi tu fais bien et en quoi tu fais mal. Tu fais bien quand tu t’écoutes et tu fais mal quand tu ne t’écoutes pas. Mais quand tu ne t’écoutes pas, tu crois seulement ne pas t’écouter, en réalité tu es encore sur ton chemin d’apprentissage de l’écoute, chemin sur lequel il faut bien ne pas s’écouter pour ensuite pouvoir s’écouter. Comment pourrais en il en être autrement ?

Donc celui qui croit bien ou mal faire n’existe tout simplement pas.

Cela simplifie la question.

Pour régler cette difficulté il suffit de se souvenir de cela.

(…) Mon ami nous te félicitons pour le travail accompli et nous t’engageons à ne pas te soucier de faire ni de bien faire et ainsi laisser voguer le navire jusqu’à l’éternité.

 

 

A propos de rêves terrifiants

En cas de turbulences, Placez vous en Dieu et restez y, il n’y a rien d’autre à faire.

Ne cherchez surtout rien à faire.

Restez centré, divin, aimant, impassible, et attendez là, vous y êtes inaliénable.

N’y ayez nulle intention et n’ayez pas peur.

(…) Le reste n’est rien que des images.

Ne vous laissez jamais impressionner par des images et des émotions.

 

 

A propos d’accepter la maladie

(…) Il est normal de vivre des émotions, mais celles-ci vous obscurcissent le sens de votre vécu. Donc observez la scène que vous vivez en vous regardant vous-même comme un personnage, regardez vos proches et la maladie comme d’autres personnages, et regardez ce que cela raconte.

Dans votre cas il est question d’humilité face au destin, face à la maladie, face à la peine des autres, il est question d’accepter l’inacceptable en le regardant comme une simple fonction du monde, il est question d’aimer ce qui n’est pas un dysfonctionnement mais un fonctionnement, et de le laisser fonctionner.

Vous ne pouvez pas vous opposer, vous ne pouvez pas modifier, vous ne pouvez ni mériter ni démériter, vous pouvez juste accepter et voir que cela raconte que vous en êtes au moment de votre destinée spirituelle où vous vous demandez à vous-même de vivre l’acceptation inébranlable et confiante de Dieu, de Dieu qui sait que haut et bas sont deux illusions symétriques, que vivant ou mort, malade ou en bonne santé, nuit et jour, matin et soir, tout cela doit vous sembler égal et beau.

(…) N’imaginez pas que vous pourriez créer mieux que ce que vous vivez, (…) la souffrance n’est pas la souffrance et cela vous le savez mais vous devez maintenant le voir.

Ayez les yeux de Dieu, ces yeux lumineux qui aiment ce qu’ils voient sans le soupeser, l’évaluer, le craindre. Le regard de Dieu se pose sur le visage de l’autre et il est heureux, oui il est heureux de voir l’autre souffrir s’il souffre, car cela est ce qui est, ou de le voir sourire s’il sourit car cela est ce qui est, et le regard de Dieu est si lumineux et brillant qu’il se donne le pouvoir de métamorphoser toute crainte en bonheur.

Cela paraît à la fois simple et terrible car nous voudrions plutôt nous poser en sauveur, nous voudrions intervenir et créer l’harmonie, mais qu’est ce que l’harmonie ? A quelle échelle faut-il regarder le monde pour le voir harmonieux ?

(…) Que ce qui doit être soit, que cela soit la paix, que la douleur ne soit pas la douleur mais une forme de la joie, que cela ne crée nulle offense en aucun cœur si la douleur et la joie se mêlent en un chant sacré.

 

 

A propos d’aider l’autre

Nous vous disons encore ceci : n’allez pas imaginer pouvoir aider l’autre. Vous vous aidez vous-même et cela est déjà immense.

(…) l’autre vit exactement ce qui est nécessaire, et vous ne pourriez que contraindre et rendre difficile ou ralentir par vos tentatives.

Aidez vous, aimez vous, acceptez, voyez que si vous acceptez simplement vous montez une marche, la marche que vous vous invitez à monter déjà depuis tant d’années, celle de la bascule dans l’acceptation neutre, cette neutralité qui n’est pas manque d’amour mais plus grand amour.

Difficile d’expliquer cela à un humain de votre époque mais vous pouvez le voir.

 

 

(A quel point c’est concret – et plein d’humour – parfois)

(…) Avant de quitter la Bretagne, pense à ramener des crêpes pour ton petit déjeuner.