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Nous allons commencer.

Mon ami, nous voudrions vous appendre à ne pas trop vous soucier des petites péripéties de l’existence. Certes de petits évènements entraînent de petites complications, dévient le cours des choses prévues, retardent, déplacent, bousculent, et ont des conséquences dont vous devez vous occuper.

Vous occuper des conséquences d’une petite blessure, d’une difficulté administrative, d’un problème mécanique à votre voiture ou votre maison, et ainsi de suite, vous semble éventuellement lourd ennuyeux et inutile. Mais d’où vient ce sentiment ? En quoi s’occuper d’une réparation plutôt que d’autre chose est il plus ennuyeux ? En réalité, vu du point de vue de votre âme, tous les évènements contribuent à votre vie, c’est à dire que rien n’est gratuit au sens ou tout conduit quelque part, permet quelque chose.

Ce que cela permet est généralement une transformation intérieure, et cela passe éventuellement par l’extérieur. Si vous y regardez de plus près, une jambe dans la plâtre ou une voiture inutilisable est quelque chose qui vous guide à vous améliorer. En cela, vos guides ne sont pas étrangers parfois au déroulement des évènements de votre vie.

Car les humains bien souvent prennent des engagements envers eux-mêmes et ne les tiennent pas, et des contraintes extérieures peuvent les aider à rester dans leur propre trajectoire.

Mais vous accueillez négativement ces contraintes de devoir faire quelque chose que vous jugez désagréable et dont vous pensez que vous n’auriez pas eu à vous occuper sinon. De cette hiérarchie des choses à faire en fonction d’un plus ou moins grand degré d’agrément ou désagrément, nous vous proposons de reprendre plutôt place en vous-même et de voir que quoi que vous fassiez vous êtes en contact avec vous, en vous, et que aucun évènement extérieur ne change véritablement quelque chose.

Mais vous cherchez toujours à progresser, à aller quelque part, et vous considérez donc être retardé ou accéléré vers votre but fictif.

L’acceptation est ce qui vous permet de recevoir tous les évènements de la vie sans les craindre ni les évaluer négativement.

Pouvez-vous accepter d’être ennuyé par une mouche, un moustique ? Cela est un bon indicateur de votre degré d’acceptation face à la vie, ou bien du caractère encore rebelle de votre attitude. Avez vous renoncé à vous battre et à vous opposer à votre propre reflet, ou continuez vous à vous repousser vous-même sans en avoir conscience.

La vie se déroule telle qu’elle se déroule, et vous ne pouvez apporter de véritables aménagements qu’en vous-même, apporter des aménagements à l’extérieur est une course sans fin. En apportant les aménagements à l’intérieur – ce qui est conquérir une capacité d’acceptation, de sourire inconditionnel – vous cheminez vers une paix véritable, alors qu’en apportant les améliorations à l’extérieur pour en bénéficier intérieurement, vous restez dépendant de tel ou tel élément extérieur.

Mais une véritable acceptation en profondeur, une acceptation qui se vérifie lors de ces petits mouvements de la vie – de ces petits soucis diriez vous, mais qui n’en sont pas, seule l’interprétation que vous en faites est soucieuse – cette acceptation est la caractéristique des sages et nécessite un engagement sincère et progressif.

Nous vous demandons donc de ne pas vous mentir sur vos sentiments, agacements et colères, de les sentir et de choisir d’y renoncer.

Ce n’est qu’en utilisant ces péripéties pour accepter, renoncer, que vous leur donnez sens, le sens d’un bâton qui vous aide à cheminer vers vous-même.

La souffrance liée à ces évènements ne vient que de votre résistance, elle n’est en rien liée aux évènements eux mêmes. Acceptez, ne comparez pas ce qui est à ce qui aurait pu être, et vous aurez développé en vous la paix, la stabilité, l’indépendance totale, une qualité qui se rencontre encore rarement chez un humain, mais qui sera la règle plus avant dans votre évolution.

Nous vous remercions.