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⎥ 6 juillet 2015 ⎥

 

(Quand on essaye de comprendre, tout ce à quoi on parvient est de bâtir des religions, bâtir des dogmes, bâtir des systèmes de pensée auxquels par la suite on tente de tout conformer, de faire plier la réalité vivante de l’expérience à la fixité de l’idée.

La seule cohérence est une cohérence interne, d’unité avec nous-mêmes, et lorsque l’on trouve cette cohérence interne, qui est s’aligner sur son être, on s’aperçoit qu’elle est synchrone et cohérente avec tout ce qui est.)

 

 

Nous voulons te demander aujourd’hui de placer ton esprit en paix de la manière suivante.

Tout d’abord offre toi. Ouvre toi, décide de ne rien prendre ou intercepter, de ne rien bénéficier du fait de ces canalisations. Ne rien bénéficier ne signifie pas forcément qu’aucun argent n’est en jeu, cela n’a pas d’importance, ne rien bénéficier signifie que tu ne te sert pas de cela pour t’enorgueillir, pour te placer toi même à un certain niveau de responsabilité ou de respectabilité parmi tes frères.

Bien sûr il est normal que tu fasses cela, ton égo est bâti ainsi, mais nous te demandons d’en prendre conscience et de décider de mettre cela de coté, ce qui est possible d’une simple décision.

Ta réalité intérieure n’est pas si lourdement fixée dans les âges que tu le crois. Certes les vies antérieures, certes tes parents et famille, certes ton éducation, certes les déductions que tu as fait constamment de tout ce qui est arrivé sans voir que tu le produisais toi même : tu produis un évènement puis tu en déduis des choses, tu te positionnes par rapport à lui. Mais si tu te vois faire, si tu te vois projeter, tu vois que tu ne peux rien en déduire d’autre que le fait que cela est toi. Tu ne peux y voire nulle signification sur les autres ou sur le monde.

Maintenant qu’il ne se passe plus rien, maintenant que tu vois qu’il ne se passe plus rien, tu peux te reposer au centre et te tenir tranquille. La vie qui se déploie sous tes yeux, tu y contemples Dieu et tu le salues en tout.

Ainsi devrait être une vie.

Certes beaucoup plus calme, mais que détenez vous au final, qu’obtenez vous de tous ces mouvements ?

Nous savons que tu perçois ce que nous voulons te dire et que tu te poses des questions sur le chemin que tu penses ignorer vers cette paix. Car ces idées et mouvements du conditionnement dans ton esprit te semblent intenses et irrépressibles, ou que les démanteler pièce par pièce te semble certes avancer mais rester un gros travail en perspective.

En réalité cela n’est rien, il te suffit de décider.

Tu peux fort bien devenir un arbre, dans sa tranquillité.

Le problème n’est pas de le pouvoir mais seulement de le vouloir. Le vouloir en effet est renoncer à tout, qui n’est rien en réalité comme nous te l’avons dit, mais que vous regardez comme beaucoup. Donc ce qui est difficile est de vouloir cesser.

Cela est comme interrompre une course folle, il y a beaucoup d’ivresse et d’émotion, et d’inertie du corps et des corps. Il faut déjà se convaincre de l’utilité de cela.

C’est l’illusion de votre monde, qui n’est rien quand on en sort, mais semble tout quand on y est. Vous êtes drogués de votre réalité, dépendants de ce que vous projetez, incapables de décider d’éteindre vos fantasmes.

Pas plus les blessures que les bénédictions ne sont vraies. En vérité il n’y a rien. Et dans ce rien il y a une jouissance d’être que vous ne pouvez même entrevoir.

Lorsque tout un groupe d’humain est dans son mouvement intérieur, dans ses enjeux fictifs, si l’un s’arrête il impacte les autres comme une onde de choc, et ceci est perçu par beaucoup comme un choc et ils résistent.

Cela est normal, mais cette résistance de l’environnement cette rugosité rend encore plus difficile la décision. Vous avez l’impression que vous allez vous couper des autres, les quitter, les trahir.

Mais ce que vous quittez est l’illusion des autres, car en cessant soudain vous découvrez que tout est en vous, et vous rencontrez les autres alors à un niveau de profondeur que vous ne soupçonniez pas. Mais vous seul le cas échéant le savez.

Tout de suite lorsque nous proposons ce scénario d’un humain parmi les autres qui s’arrête, vous en faites une hiérarchie : il réussit, il est un saint ou un messie, un guide ou un mentor, un gourou ou un reprouvé. Mais cela aussi est une idée il ne conquiert aucun statut, aucune place dans aucune histoire, il n’est aucune avant-garde d’aucun basculement. Il s’agit de voir qu’il ne se passe rien c’est tout. Cesser n’est pas un évènement. Il y a des évènements en continu, comme le fait de taper ce message est pour vous un évènement, puis il y a conscience qu’il n’y a pas et n’y a jamais eu d’évènement.

Vous ne cesserez pas pour autant de vivre et d’agir, mais disons simplement que vous n’en déduirez rien, que vous n’en penserez pas pour autant être au centre de votre vie.

Ce je est une déduction, puisque vous posez ce regard et déduisez, vous déduisez ce je. Mais le regard ne naît pas de vous, il vous traverse et donc en définitive vous êtes comme un personnage qui prends du pétrole sur un pipeline et croit être un puits.

Donc il s’agit bien de renoncement, la paix n’est autre chose qu’un renoncement total.

Renoncer n’est pas entrer sous le pouvoir de qui ou quoi que ce soit, c’est voir que l’on n’existe pas et cesser. Il s’agit d’éteindre la lumière dans la petite pièce ou vous vous teniez et à cet instant vous voyez qu’il faisait jour et qu’il n’y avait pas de murs. Tout resplendit soudain. Mais bien sûr vous ne pouvez plus rien cacher ni stocker ni préparer ni protéger ni contrôler ni envisager.

En prenant conscience que vous ne déterminez que votre propre rêve, vous pouvez renoncer à déterminer quoi que ce soit en vous et dans le monde, juste le laisser être tel qu’il est.

Cela est tout pour aujourd’hui nous vous remercions.